L’égo (spirituel) par Eckhart Tolle

Posted on 4 décembre 2012

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Nota Bene d’introduction : J’aime énormément ce que nous partage Eckhart Tolle concernant la reconnaissance de tous les schémas que l’on porte en nous. Je pense vraiment que ce travail de sincérité, de conscience et de dépassement de soi-même loin des programmations de notre vécu est un exercice essentiel pour se connaitre vraiment,  se co-naître avec le monde, et voir qui nous sommes vraiment, au-delà de l’égo de « survie » que nous avons intégré de nos expériences terrestres. Cet égo a sans aucun doute été utile pour nous permettre d’avancer sur notre chemin, il nous a donné beaucoup de force, de courage, de protection lors de sa (re)formation durant l’enfance. Toutefois, une fois adulte, une fois totalement conscients des processus en jeu et en « je », nous pouvons nous rendre compte que nous sommes bien plus que nos schémas,  nos peurs, nos colères, nos souffrances et nos programmations. Notre égo, qui était là pour notre survie, pour nous aider, nous met plus de baton dans les roues, entraine la dysharmonie, la désunion et empêche notre guérison de certaines expériences passées aujourd’hui. 

Il existe un grand nombre de personnes, à notre époque actuelle d »‘obligation de « bien être » à son paroxysme, qui refoulent toutes ces choses qu’elles portent en elle, et les empêche alors, dans la pression du bien-être, de guérir, libérer et transmuter ces « phénomènes » négatifs. J’ai toujours vu cette étape humble de ma vie comme une bénédiction : reconnaitre tout ce que je porte en moi pour le guérir et libérer. Il est vrai que je n’avais pas réfléchi plus loin à quel point ce travail était en réalité relié à l’égo etc; j’ai simplement suivi ce que mon coeur sentait juste pour la suite de mon évolution, qui me tenait vraiment à coeur. Et aussi fou que cela puisse paraitre, même si cela peut être incompris de certaines personnes, reconnaitre, accepter et libérer une souffrance, une dysharmonie, est une véritable joie et satisfaction intérieure, en véritable convergence de qui nous sommes. Cela nous permet au fur et à mesure du processus de réaliser qui nous sommes vraiment en nous : en vérité, nous sommes bien plus que nos blessures, nos traumatismes, nos pensées et nos schémas. En vérité, nous sommes CREATEURS.

 C’est en cela que j’avais envie d’écrire cette petite introduction. J’étais une petite fille qui avait appris à se taire, à refouler. Le fait de ne plus rien refouler en moi est devenu un acte si libérateur, si sincère, qu’on peut dire qu’il fait partie aujourd’hui intégrante de moi, sur mon chemin de ma vérité et de reconnaissance, tout d’abord vis-à-vis de moi-même.  Aujourd’hui, j’apprends à communiquer CONSTRUCTIVEMENT cette sincérité d’être avec les autres, loin des mécanismes de peur qui découlent de mon enfance, le coeur grand ouvert (et croyez-moi, c’est aussi tout un programme à laisser être et devenir sur le chemin!). C’est la suite de mon étape de reconnaissance et d’affirmation. J’avais envie alors de vous partager, dans ce sens de CREATEUR, un merveilleux conseil est qui m’a été offert (et pour lequel je ferai un article pour l’intégration) pour la deuxième fois dans ma vie cette année, par deux personnes différentes. Je remercie la première, pour m’avoir mise devant ma peur de m’exprimer face à l’autre, programmée par mon traumatisme passé. Je remercie la deuxième, pour me rappeler aujourd’hui mon évolution par rapport à cette intention de mon coeur et cet outil. Afin d’être toujours créateurs, et non destructeurs (l’autre versant de notre créativité intérieure), dans l’expression (sortir la pression hors de soi), la Communication non violente  peut s’avérer un outil vraiment précieux pour s’élancer et trouver ses repères sur le chemin.

Assez blablaté et introduit mon ressenti personnel, voici notre cher ami Eckhart, qui explique cela si bien :

 » D’une certaine façon, tous les enseignements sont des panneaux indicateurs. La voie spirituelle peut comporter des pièges.  (ex : s’identifier à la forme particulière d’un enseignement – penser une discipline ou une voie supérieure à une autre…)

L’égo peut s‘insinuer à tout moment dans la vie spirituelle. L’égo veut dire qu’une nouvelle image de qui vous êtes s’est reformée dans votre mental. C’est un phénomène très subtil que l’on peut observer en soi qui s’appelle la comparaison. L’égo aime à se comparer. La comparaison est un stratagème de l’égo. Alors l’égo se compare subtilement à d’autres, et chaque fois l’égo a un sentiment d’infériorité ou de supériorité. Il se manifeste contre d’autres. « Je ne suis peut-être pas aussi bien, savant, spirituel que cette personne » : voilà l’égo.  « Je suis plus spirituel que cette personne, je pratique depuis plus longtemps, ma tradition est meilleure », alors c’est l’égo supérieur qui intervient.

L’égo s‘adonne à ce jeu pour avoir une image de vous-mêmes en tant qu’être spirituel. Le fait d’essayer de vivre selon une image mentale, essayer d’être spirituel, de se considérer comme un être spirituel, est un autre piège de l’égo. Alors on devient plus inconscient à certains égards. Malgré votre pratique de la méditation, si vous avez de vous-même l’image d’un être spirituel,  vous devez nier beaucoup  de choses qui surviennent en vous. Si vous les regardiez ouvertement, elles vous diraient : « Oh non, tu n’es pas si spirituel ». Vous devez les repousser.  S’il survient de la colère par exemple et qui ne convient plus à l’image de vous-mêmes, vous la repoussez. Et alors on continue d’accumuler de l’énergie come dans une bouilloire. C’est une bouilloire sur laquelle vous avez mis le couvercle et la vapeur s’accumule et alors soudain vous éclatez : vous êtes déprimés.

Dans le christianisme, on a souvent tente de vivre selon l’image que l’on se fait d’un bon chrétien. On fait beaucoup d’effort et dans le cas tout ce qui ne correspond pas à cette image doit être repoussé. Mais on ne peut pas le repousser à jamais. A un certain point l’inconscient s’émerge à nouveau et vous noie dans la  rage, l’anxiété, la dépression, les sautes d’humeur.  Une humeur sombre surgit soudain.

Ainsi la présence consiste à vivre libérer de l’image de soi, car elles viennent du mental, et proviennent d’un conditionnement. Vivez libéré d’une image qui vous dit qui vous êtes car vous n’en avez pas besoin.

C’est pourquoi j’ai dit apprenez pas l’observation des animaux. Ces derniers n’ont pas d’image de soi, ils sont  naturels, spontanés. La vie se déroule à travers eux. Bien sûr, ils ont leur limite dans cette  forme particulière et sont pourtant plus  profondément reliés à la source que les humains dans leur état normal. C’est pourquoi il est si utile d’observer un animal, il ne vit pas selon l’image de soi, il est lui-même, c’est son état naturel. Il ne vit pas selon son image de soi. Et c’est à cela que nous retournons.

En Inde, on utilise parfois cette expression : l’état naturel que les humains ont perdu pendant longtemps. Il est merveilleux d’y retourner. Alors observer tout simplement lorsqu’une nouvelle image de soi se forme ou qu’une vieille image de soi revient.

Prenez conscience de la comparaison, de la comparaison en tant que stratagème de l’égo. Subtilement, on se trouve mieux ou pas aussi bien qu’un autre. Voilà l’égo : mieux ou pas aussi bien.

Etre sur la défensive est un autre indice que vous vivez selon l’image que vous avez de vous-même. Vous êtes sur la défensive lorsque quelqu’un remet en question vos croyances, ce que vous affirmez, doute de telles ou telles chose  que vous associez  à l’image que vous avez de vous-même. Vous êtes toujours en train de  Défendre une image, votre nature véritable n’a pas besoin d’être défendue. Elle est si forte qu’elle ne peut subir d’attaques.  Elle dépasse tout ce qui pourrait être jugé ou attaqué.  Lorsque vous observez, vous n’êtes plus pris au piège de ce mouvement inconscient. L’inconditionné surgit lorsque vous observez qu’une image a surgi dans votre mental et que vous vous y êtes identifiés.  Vous en prenez soudainement conscience. Vous observez que vous êtes sur la défensive par à propos d’une position que vous avez prise. Vous vous êtes identifié à une position qui veut dire qu’une image de vous s’est formé dans votre mental  et qu’il faut la défendre.

Chaque fois que vous êtes sur la défensive, sachez que vous vous êtes identifiés à une illusion. Et cette conscience est extérieure à l’illusion. Dès que vous prenez conscience de votre identification à une illusion, cette conscience n’est pas l’illusion. Vous avez reconnu l’illusion et dans cette conscience, vous en êtes libérés. Alors, plus vous découvrirez d’illusions semblables en vous, mieux ça sera, car chaque fois vous découvrez un vieux schéma mental, une image de vous-même, une réaction défensive de la cupidité de l’attachement, dès que vous devenez conscients des schémas, la conscience ou la connaissance n’en fait pas partie.

Plus vous découvrez ce qui est inconscient en vous, mieux c’est : cela ne veut pas dire que vous avez échoué, cela agit par la découverte, la reconnaissance. Reconnaitre qu’une illusion est une illusion n’est pas une illusion. Vous l’avez reconnu.  La reconnaissance ne fait pas partie du mental conditionné. La reconnaissance c’est l’inconditionné. Elle voit, et se contente de voir.

C’est merveilleux, vous pouvez accueillir tout ce qui monte en vous. Vous n’avez pas à nier quoi que ce soit, vous n’avez pas à nier ce que vous devriez nier si vous viviez selon une image de vous-même, Car tout ce qui ne conviendrait pas à cette image serait nié. Vous accueillez tout ce qui monte : les schémas émotionnels, les schémas mentaux Et ensuite vous les reconnaissez à mesure qu’il survienne. Le fait d’accueillir implique une conscience et celle-ci ne fait pas partie du mental conditionné. Quand je dis laisser monter, cela implique une présence qui observe le schéma à mesure qu’il se déroule, Soit dans votre tête ou  à l’extérieur en tant que schéma de comportement lorsque vous parlez à quelqu’un.

Contentez-vous d’observer. Plus vous voyez plus la conscience grandit. Plus vous découvrez des schémas inconscients en vous-même, plus la conscience grandit. Alors il ne vous vient plus à l’esprit « je ne devrais pas me sentir ainsi», ‘je ne devrais pas avoir cette pensée,  » je ne  devrais pas ». Cela n’arrive plus. Le fait de laisser les états intérieurs constitue une pratique vraiment merveilleusement libératrice. Vous savez alors qu’aucun état n’est vraiment vous. Aucun état conditionné est votre nature véritable. C’est pourquoi vous es libres de les laisser monter en vous tous ces états.

Autrement, si la colère monte et vous vous identifiez à elle, vous vous dites : « je ne dois pas être cela, je suis sur la voie depuis tellement d’années, et j’ai encore toute cette colère, je ne devrais pas ». Alors vous voudriez la réprimer ou la nier et dire : « non, je ne suis pas en colère, je ne suis jamais en colère. Ne m’accusez pas d’être en colère, c’est vous qui êtes en colère ». Ce sont des interactions typiques entre égos : » moi, inconscient? c’est vous qui êtes inconscients ».

Observez comme la nature de l’attitude défensive est mécanique. Elle se déclenche presque comme une horloge .Quelqu’un pousse le bouton et la réaction survient les gens qui vous connaissant n’ont qu’à pousser le bouton s’ils veulent observer une réaction, comme avec un robot.

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